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Photo of belle-hariti-desse-de-la-fcondit-336

 

GRECO BUDDHIST ART
BELLE HARITI, DÉESSE DE LA FÉCONDITÉ
Gandhâra : Afghanistan / Pakistan (305 av. - 450 apr. J.-C.)

 

Objet :
Nº 336
Matière :
Pierre
Mesures :
Hauteur: 42 cm - Largeur: 26 cm - Prof: 10.8 cm
Bibliographie :
Publié dans « collecting Masterpieces », Part one, de Beryl Cavallini, pages 74 - 75

Description :

Stèle en haut relief en schiste gris sombre, représentant Hariti, déesse de la fécondité protectrice des enfants. Déesse nimbée, assise sur un trône décoré d’incisions géométriques. Représentée avec plusieurs enfants: l’un d’eux est vêtu de simples bijoux et allongé sur ses genoux. Il joue avec le double collier de pierres précieuses que porte sa protectrice. Un deuxième enfant nu se tient debout accroché aux pans de la robe de la déesse. Son bras droit en pièce rapportée dès l’origine est manquant. Vêtue d’une longue robe plissée et d’un châle, elle porte un collier court serti d’une amulette ainsi que des bracelets aux poignets et aux chevilles. Parée d’une couronne tressée décorée d’une rosette en son centre, grosses boucles d’oreilles. Visage indo-européen au nez droit, sourcils bas et épais, paupières lourdes et proéminentes. Un autre personnage adulte, masculin et drapé se tient debout à la gauche de la déesse et en avant du trône. Il porte l’Ushnisha, un chignon relevé, symbolisant l’éveil de Bouddha. Bon état général de conservation, parties manquantes au bras et sur le socle

Hariti est une ogresse cannibale dont le mythe d’origine iranien mais aussi Bactrien verra sa dévotion s’étendre jusqu’au Nord de l‘Inde. Les femmes sans enfants la priaient, les femmes enceintes aussi, dans l’espérance d’un accouchement facile. Rien d’étonnant si on sait qu’elle n’eut pas moins de cinq cents enfants ! Son histoire est assez belle : Hariti était une mère qui cherchait à nourrir ses enfants du mieux qu’elle pouvait, et pour ce faire elle mangeait les enfants des autres. Avec l’arrivée du bouddhisme les fidèles commencèrent à se plaindre de ses méfaits. Bouddha décida alors de lui donner une leçon en cachant son dernier fils sous son bol de riz ce qui la rendit folle d’angoisse : elle le chercha dans tout l’univers. Ne le trouvant pas, elle demanda de l’aide. Bouddha lui expliqua alors la peine qu’elle causait aux parents dont elle mangeait le seul enfant alors qu’elle en avait plusieurs centaines. L’histoire raconte que se repentant, elle se convertit au bouddhisme et décida dorénavant de ne se nourrir que de grenades. Avec l’arrivée du bouddhisme Hariti se transforme de démone iranienne en déesse protectrice sous influence indienne. On peut penser que cette transformation fut une stratégie qu’adoptèrent les moines bouddhistes pour contrer le zoroastrisme et l’animisme alors en vigueur dans la région. Ici la déesse en schiste gris est nimbée, assise sur un trône et entourée de deux enfants nus et potelés à la manière des putti d’origine grecque. Vêtue d’une longue robe de laine légère et d’un châle elle est assise dans une position qui renforce son apparence de matrone fertile. Son visage replet encadré par une couronne de cheveux tressés et au nez droit et aquilin a les traits indo-européens. Elle est parée de nombreux bijoux, des boucles d’oreilles et des colliers en pierres précieuses. Le personnage masculin drapé en bas à droite porte l’Ushnisha, un chignon relevé sur le sommet du crâne symbolisant l’éveil de bouddha. C’est une excellente pièce de collection sur lequel Severine Moureau, une ancienne collaboratrice de la galerie, aujourd’hui chercheur au CNRS a publié un article de recherche dans Historia suppl.