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Photo of rare-tte-dhomme-au-lion-1883

 

GRECO BUDDHIST ART
RARE TÊTE D’HOMME AU LION
Gandhâra : Afghanistan / Pakistan (305 av. - 450 apr. J.-C.)

 

Objet :
Nº 1883
Matière :
Pierre
Mesures :
Hauteur: 19.5 cm – Largeur: 12 cm

Description :

Tête d’homme au regard perçant portant un turban surmonté d’un lion à belle crinière crachant des fils de perles. Le visage sculpté en ronde bosse dans un schiste gris venant des vallées du Pakistan ou de l ‘Afghanistan est de type occidental, les traits étant réguliers, avec de grands yeux et une bouche bien ourlée. L’homme porte une belle barbe bouclée et soignée ainsi qu’une longue moustache à la mode indienne. Excellent état. Aucune restauration visible. Petits manques et signes d’érosion. Excellent travail de sculpture.

Cette belle tête d’attendant bouddhique de style indien, sculptée en schiste gris des vallées du Pakistan semble bien empreinte des influences perses et grecques de cette région où le bouddhisme pénétra au début de notre ère. Elle arbore un élégant turban noué sur le fond surmonté d’une curieuse tête de lion crachant ce qui semble bien être un faisceau de perles. La bête montre un regard au moins aussi féroce que cet attendant et la crinière de l’animal est aussi bien représentée que la barbe de l’homme aux boucles bien ordonnées. Il s’agit là d’un excellent travail de sculpteur tant dans le réalisme que dans l’expressivité du personnage. Mais pourquoi diable ce lion sur le haut du crâne ? Il faut se souvenir que les tétradrachmes d’argent d’Alexandre le Grand comportaient un portrait de profil du demi dieu héroïque Héraclès, dont le premier travail des douzes fut de tuer le lion de Némée. Comme aucune arme ne parvenait à transpercer la fourrure de l’animal, il décida de l’étrangler à mains nues. Ensuite il écorcha l’animal en utilisant une de ses griffes afin de pouvoir porter sa peau comme une armure et il fixa la tête de l’animal comme un casque. C’est probablement parce qu'Héraclès est vénéré en Macédoine comme un ancêtre des rois, qu’Alexandre le Grand choisira cette iconographie pour sa monnaie. Une autre version suppose que cette représentation symbolique serait née alors qu’encore jeune, Alexandre aurait combattu un lion avec son ami Krateros. Nous croyons peu à cette version trop prosaïque, même si Hérodote parle de populations étendues de lions en Grèce jusqu’à 100 av. J.-C. Quoique cette iconographie soit connue et répertoriée, il est assez rare de trouver sa représentation sur des têtes du Gandhâra. La National Gallery of Australia en expose une qui comme la nôtre montre une tête de lion crachant un rang de perles, posée sur le devant d’un turban. De tout temps le lion est symbole de force, de courage et de majesté. Quoique les Perses l’aient abondamment utilisé, tout particulièrement durant la période sassanide, il semble que cet usage de la tête de lion avec un facies large et une crinière luxuriante portée comme une décoration sur le crâne, se réfère à plutôt à l’influence grecque. Lucrèce (de natura rerum II - vers 600 et suivants) nous parlera du char céleste de Cybèle, connu en Turquie et en Grèce dès le V è siècle av. J.-C. que tiraient deux lions au son des cymbales, des tambours et des pipeaux, alors que la déesse tient une clé qui ouvrira la porte de la terre ou sont enfermées ses richesses. Le bouddhisme aime aussi le symbole du lion dont le rôle protecteur et plein de compassion permet de les représenter comme de sages gardiens de monastères. Mais ils sont généralement représentés sculptés sur pattes, et ils sont positionnés en paire à l’entrée des temples. Ils ne sont jamais utilisés comme ici en symboles.