.
CHINE ARCHAÏQUE ET IMPÉRIALE
PAIRE DE BODHISATTVA EN PATE DE BOIS
DYNASTIE LIAO / SONG (960 - 1280 APR. J.-C.)
Objet certifié authentique et vendu avec certificat d'expert. Satisfait ou remboursé.
Objet :
Nº 795
Mesures :
Hauteur: 73 cm et 71 cm
Bibliographie :
Publié dans « collecting Masterpieces », Part one, de Beryl Cavallini, page 92 - 93

 

Paire de grandes statues en pâte de bois polychrome finement moulées. Le visage et les mains sont colorés en blanc selon la tradition, les vêtements en rouge et vert, teintes symbolisant dans la Chine ancienne l’immortalité. L’expression du visage d’une grande délicatesse et la gestuelle, renvoient à une effigie harmonieuse conforme à l’idéal bouddhique. Les lobes allongés des oreilles évoquent les lourds pendants portés par le prince Siddharta Gautama avant qu’il ne devienne Bouddha. Chaque statue est debout pieds nus, le corps dissimulé par une longue tunique brodée à l’encolure, les bras à la hauteur de la taille sont enveloppés dans un grand châle dont les pans sont marqués par un joli mouvement d’envol, ce qui donne un aspect aérien à l’ensemble. L’une des divinités porte une coupe, l’autre une étoffe. Très bon état de conservation compte tenu de l’ancienneté, malgré quelques petits éclats du bois et des couleurs notamment au niveau des pieds. Une ancienne décoration sur le dessus de la tête manquante.
Ces deux statues de divinités habillées de vert et rouge portent sur une longue robe brodée à l’encolure, un grand châle de soie légère qui s’envole dans le vent. L’invention de la soie par les Chinois, remonte à la culture de Liangzhu au IIIè Mill. avant notre ère. La «Route de la Soie», un nom inventé par le géographe Allemand Von Richthofen au XIXè siècle reliait la ville de Xi’an jusqu’à Antioche en Syrie Romaine. Elle fut en réalité tracée au IIè siècle avant J.-C. par un émissaire Han que l’Empereur Wudi avait envoyé aux confins de l’Ouest afin de se trouver des alliés contre les Huns. Mais ce n’est que plusieurs siècles plus tard, sous les Tang, qu’elle devint une voie d’échange importante. Les Romains découvrirent la soie chinoise par l’intermédiaire des Grecs qui eux-mêmes l’achetaient aux Parthes. À Rome, seuls les Empereurs et les femmes portaient de la soie, contrairement à la Chine ou quiconque pouvant se le permettre s’en habillait. Elle y avait tellement de valeur qu’elle constituait un étalon monétaire comme l’or en Occident. D’ailleurs, l’Empereur de Chine payait les fonctionnaires et réglait ses différents diplomatiques en rouleaux de soie. Ces sculptures ont été fabriquées en pâte de bois, une technique nouvelle à l’époque des Song. Souvent polychrome elle peut arriver à la perfection du rendu des mouvements et des couleurs, comme le démontrent ces deux grandes statues, leurs vêtements vaporeux reflétant la coutume vestimentaire des gazes de soie colorées. C’est aussi pendant cette dynastie que les effigies de Bodhisattva se sont féminisées. On a trouvé dans d’anciens monastères, de très beaux châles de soie légère en gaze, damassés et rebrodés des VIIIè/Xè siècles, qui étaient destinés à orner des Bodhisattva raffinées comme celles-ci.