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Photo of TÊTE DU ROYAUME DE SABA
VENDU
PROCHE ET MOYEN-ORIENT
TÊTE DU ROYAUME DE SABA
MÉSOPOTAMIE / ANATOLIE / ARABIE
ARABIE DU SUD (IIIè siècle av./IIè siècle apr. J.-C.)
Objet certifié authentique et vendu avec certificat d'expert. Satisfait ou remboursé.
Objet :
Nº 1083
Matière :
Albâtre
Genre :
Rituel funéraire, Sculpture, Objet de culte
Mesures :
Hauteur: 19.7 cm - Largeur: 11.6 cm
Bibliographie :
Publié dans « Collecting Masterpieces - Part One » de Beryl Cavallini, page 44 - 45

 

Tête féminine en albâtre aux grands yeux. incrustés de lapis-lazuli . Visage parfaitement symétrique, à front bas, fin nez droit et volumes du visage utilisant les contrastes et les pentes. Sourcils creusés pour recevoir du bitume. Chevelure stylisée laissée brute de taille (traces d’outils) pour créer des jeux de matière. L’albâtre est une pierre qui laisse pénétrer la lumière avec intensité. Elle se forme dans les grottes véhiculant l’eau par un processus géologique simple : celui des stalagmites. Pièce exceptionnelle a la très ancienne patine. Les incrustations de bitume sont manquantes.
L’Arabie du Sud, que Pline appelait l’Arabia Felix, était considérée dans l’Antiquité comme une contrée fabuleuse et assez mystérieuse, pleine de richesses car on y commerçait les parfums, la myrrhe et l’encens. Après un voyage de deux mois à dos de chameau, les Égyptiens s’y fournissaient d’huiles pour l’embaumement des momies, censées chasser les mauvais esprits en même temps que les odeurs de putréfaction. Les Babyloniens en 600 avant J.-C. y achetaient l’encens au prix exorbitant d’un salaire mensuel pour 1 kg ! C’est aussi le pays de la reine de Saba, qui porta l’encens au roi Salomon en Palestine et fit couvrir les fenêtres de son palais de plaques d’albâtre extraites des mines de Marib. Il parait qu’elles étaient si translucides qu’elle pouvait voir voler les oiseaux au travers. Cette tête fait partie de la tradition bétyle de la pierre dressée. En langue sémitique beth’el signifiant «Maison de Dieu», ces statues ont représenté dans le temps d’abord des idoles, puis l’adorant, pour correspondre sur le tard à l’image du défunt. Au cours de cette évolution le bétyle est présenté dans une niche en pierre dont les côtés s’ouvrent, prenant l’image d’un corps ou d’un visage stylisé qu’il n’était pas rare qu’on orne de bijoux. Cette tête en albâtre patiné et jauni par le temps a gardé ses rares grands yeux incrustés de lapis-lazuli et de coquillages. Le visage est sculpté en ronde bosse, parfaitement symétrique. Le front bas et le long nez fin et droit ne font que mettre en valeur les contrastes du visage anguleux. Les sourcils aujourd’hui creusés étaient autrefois remplis avec du bitume noir. La jolie chevelure laissée brute montre les traces anciennes des outils. Les proportions sont intrigantes et pour finir superbes. Finalement le cubisme de Picasso était-il si novateur ?