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Photo of STÈLE FUNÉRAIRE EN MARBRE BLANC
VENDU
GRÈCE ET ROME ANTIQUE
STÈLE FUNÉRAIRE EN MARBRE BLANC
EMPIRE ROMAIN (27 AV. - 476 APR. J.-C.)
L’objet provient du marché français
Objet certifié authentique et vendu avec certificat d'expert. Satisfait ou remboursé.
Objet :
Nº 676
Matière :
Marbre et similaires
Genre :
Objet de culte, Frise- Bas relief, Rituel funéraire, Sculpture
Mesures :
Longueur: 22 cm - Hauteur: 16 cm – Épais: 3 cm
Bibliographie :
Publié dans « collecting Masterpieces », Part one, de Beryl Cavallini, page 96 - 97

 

Plaque rectangulaire de marbre blanc où sont représentés en bas-relief deux griffons, encadrant le portrait d’un jeune enfant dans un médaillon. Le dos est irrégulier mais plat. Une épitaphe en latin est gravée sur la partie supérieure de la stèle. On observe des traces circulaires de foret sur les ailes des griffons et autour des figures. Cet outil, très utilisé en sculpture gréco-romaine, facilite la découpe des volumes entre eux et la création de contrastes. Excellent état de conservation. Quelques égratignures mineures dues à l’ancienneté, patine d’origine.La tradition de l’épitaphe revient aux Grecs anciens qui en firent une science codifiée des inscriptions, mais ce sont les Romains qui commencèrent à l’utiliser lors des éloges funèbres. Sur cette plaque rectangulaire de marbre blanc, deux griffons encadrent le portrait d’un jeune enfant dans un médaillon. On y lit en abrégé les lettres D.M pour la formule Dis Manibus, «aux dieux mânes» qui incarnaient l’esprit des morts. Le nom du défunt est indiqué selon la règle romaine des tria nomina : V correspond au prénom, L est le gentilice soit le nom de famille, et Rufus est le surnom. L’inscription Vixit Anni signifie a «vécu ces années». On apprend ainsi qu’il s’agit d’une plaque commémorative en l’honneur d’un petit enfant décédé à l’âge de deux ans. Les griffons de ce bas-relief qui sont très habilement sculptés, sont des animaux mythologiques sacrés qu’on représentait dans les sanctuaires du Moyen-Orient depuis la Haute Antiquité car ils étaient les gardiens des défunts. Ils prenaient la forme de lions ailés à tête d’aigle, tandis que la partie postérieure du corps se présentait comme celle d’un serpent. On a trouvé ce style de représentation datant de 3000 ans av. J.-C. à Élam en Mésopotamie et même en Égypte. Les reliefs du palais d’Assurnazirpal II à Nimroud en sont aussi superbement décorés, puis sans qu’on sache pourquoi ils disparaissent vers le XIIè siècle av. J.-C. Ces génies ailés revinrent à la mode en Grèce Archaïque à partir du VIIIè siècle, alors plutôt représentés avec un corps d’oiseau. Les Étrusques en ornèrent leurs sarcophages mais aussi leurs beaux vases en terre cuite rouge et noire. De nombreuses demeures romaines en sont décorées sur leurs murs avec des variantes, certains griffons portant des cornes, d’autres étant peints bondissants, tandis qu’ils sont ici assis en couple. Leur usage en décoration connu une telle vogue à Rome que leur représentation se détacha petit à petit du culte des morts. En devenant un élément décoratif des maisons patriciennes, les griffons surent devenir tout simplement des animaux merveilleux, symboles d’une d’élégance suprême. Ici le petit Rufus en se retrouvant parmi eux, se sentit protégé pour l’éternité.